Le Petit Poucet 4.0

14 septembre 2017 | Alimentation, Technologies

Dans un environnement où les consommateurs exigent de plus en plus de connaître la provenance des aliments qu’ils consomment, l’industrie n’aura d’autre choix que de s’assurer de la fiabilité des données à chacune des étapes de la production animale. Les systèmes de contrôles de l’environnement de production en milieu avicole, porcin ou laitier constitueront le premier maillon de cette chaîne d’information. C’est l’art de retracer des produits depuis la ferme jusqu’à la tablette du magasin en un clic.

Afin de s’attaquer au problème de la sécurité alimentaire mondiale, une dizaine de grands noms de l’alimentation vient de s’unir pour collaborer avec IBM dans le but de créer une base de données distribuée transparente et sécurisée. Ainsi, Tyson Foods, Dole, Driscoll’s, Golden State Foods, Kroger, McCormick and Company, McLane Company, Nestlé, Unilever et Walmart s’apprêtent à identifier les aspects de l’écosystème alimentaire qui pourraient bénéficier de cette technologie dite Blockchain (Chaîne de blocs, en français).

Blockchain est un environnement de partage de données sur un réseau d’ordinateurs plutôt que chez une tierce partie. Ainsi les participants qui sont admis dans cet environnement sécurisé y inscrivent leurs transactions dans un seul registre commun. Chaque transaction forme un bloc qui est connecté au précédent et ainsi de suite. Ces transactions ou blocs sont permanents, ne peuvent être altérés et constituent les maillons de la chaîne. Blockchain élimine la redondance entre les réseaux des divers acteurs de la chaîne alimentaire et les risques d’erreurs. Dans l’environnement actuel, l’information de chacun est vue comme un avantage concurrentiel et ne doit pas être divulguée, sauf sur demande expresse des autorités dans le cas, par exemple, d’un rappel de produit lors d’une contamination alimentaire.

Frank Yiannas, chef de la sécurité alimentaire chez Wal-Mart, rappelle qu’un simple rappel de produit peut coûter plusieurs dizaines de milliers de dollars et aller jusqu’à plusieurs millions. En Chine et aux États-Unis, lors d’un récent test chez Wal-Mart, Blockchain a permis de retracer des produits de la ferme à chacune des étapes subséquentes de transformation, d’emballage et de transport jusque sur les tablettes du magasin, et ce, en quelques secondes. Avec les moyens conventionnels, il aurait plutôt fallu compter des jours, voire des semaines.

Ces essais ont démontré les avantages de Blockchain pour tous les intermédiaires de la chaîne de production et d’approvisionnement. Scott Stillwell, Ph. D. vice-président principal de la sécurité alimentaire chez Tyson Foods a indiqué qu’il est primordial pour l’entreprise de produire de la nourriture sécuritaire et que la technologie Blockchain peut aider à gagner confiance non seulement sur la provenance d’un produit, mais aussi quant traçabilité de ce produit tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

La traçabilité est un des éléments qui serait facilité avec cette technologie, mais d’autres y voient aussi un outil marketing. À titre d’exemple, Tyson pourrait permettre au consommateur qui lie le code à barre d’un de ses emballages de poulet d’y voir le cheminement complet, de la ferme en passant par l’abattoir et au transport. Plus précisément, le consommateur pourrait voir comment le poulet a été nourri, élevé en groupe ou en liberté.

Pierre

Pierre

Journaliste principal

Père fondateur d’Élevage et Cultures, Pierre a donné à la revue sa touche d’humour qui nous plaît tant. Vous pouvez retrouver tous ses articles traitant des actualités technologiques et scientifiques agricoles dans la Rubrique de Pierre.

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