Marie-Joëlle Brassard

4 octobre 2017 | Personnalité du mois

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En mode solution

Au Québec, plus de la moitié des agriculteurs auraient besoin de soutien psychologique. Le problème ne date pas d’hier. Marie-Joëlle Brassard en sait quelque chose. Au moment de la création du Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) en 2009, la détresse des producteurs agricoles a été le premier dossier auquel s’est attaquée la détentrice d’un doctorat en développement rural.

Au sein d’une équipe de six personnes qui réalise des études diagnostic, des enquêtes, des plans de développement, des activités de sensibilisation, de vulgarisation et de formation, la chercheuse senior devait développer des solutions à ce grave problème. Pour y parvenir, Marie-Joëlle Brassard et ses collègues se sont assurés de faire intervenir les agriculteurs en détresse. C’est avec eux qu’ils ont analysé les difficultés rencontrées et qu’ils ont réussi à mettre sur pied une coopérative leur donnant accès à certains services de remplacement au moment où ils vivent des situations qui les forcent de s’absenter de la ferme.

Comme l’explique Marie-Joëlle, le CISA établi au Cégep de Victoriaville ne fait pas de l’innovation agricole en tant que telle. Il se concentre plutôt sur des innovations à caractère social qui ont un impact sur le secteur agroalimentaire. Parmi la douzaine de thématiques que l’organisme subventionné par le gouvernement du Québec, l’attachée de projet mentionne le problème de la relève et du manque de terre, la sécurité alimentaire et la récupération des plastiques agricoles.

«Dans le cas du manque de terres, nous avons développé un programme de transfert  d’entreprise pour les agriculteurs qui n’ont pas de relève. Il y a toutes sortes de facteurs dont il faut tenir compte si on veut que le transfert se fasse bien. Notre démarche fait en sorte que lorsque l’on arrive avec un preneur, on pourrait presque dire que nous avons affaire à une famille reconstituée.»

Conscient qu’au Québec, plus de 6257 tonnes de plastiques agricoles sont produites chaque année, le CISA est parvenu à trouver une façon de mobiliser la municipalité de Tingwick, l’UPA, une firme de recyclage et 46 producteurs agricoles de la région, si bien qu’en 2016, pour cette seule municipalité, plus de 22 tonnes de matières plastiques ont été récupérées. (Voir la vidéo

Après avoir évalué la pertinence et l’efficience du programme 2012 à 2017 du CISA, le gouvernement du Québec vient de reconduire le programme pour les cinq prochaines années à raison d’une subvention de 200 000$ par an. Cette somme servira de levier au CISA qui doit développer sur le plan organisationnel une stratégie de financement diversifié afin de parvenir à réaliser ses projets de recherche.

Marie-Joëlle Brassard est d’autant plus confiante en l’avenir qu’elle constate qu’en ce moment, le nombre d’inscriptions au programme d’agriculture biologique du Cégep de Victoriaville a doublé. Parmi eux, on retrouve un grand nombre de néoruraux qui débarquent de la ville avec le rêve de la production maraîchère à l’échelle humaine.

Y’a rien comme la relève, n’est-ce pas?

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