L’impact des gros joueurs

12 janvier 2016 | Affaires, Cultures

Le 11 décembre dernier Dow Chemical co. (Dow) et E.I. DuPont de Nemours & Co. (DuPont) ont annoncé qu’ils  fusionnaient pour créer DowDuPont, un géant de 130 milliards de capitalisations boursières. Le plus important fabricant de semences et de pesticides au monde vient de naître.

Cette fusion résulte des pressions du marché à la suite de la baisse des prix des grains des trois dernières années. Le groupe de compagnies qui contrôle le marché des pesticides et des semences (appelé le Groupe des six) est composé de Dow, DuPont, Monsanto, Syngenta, Bayer et BASF.

Confronté à ces conditions de marché difficiles, le Groupe des six cherche à s’unir, d’où la fusion de Dow avec DuPont.

De son côté, à l’été 2015, Monsanto a fait une offre de 46 milliards USD au géant Suisse Syngenta qui l’a rejetée. Cependant, les deux entreprises mentionnent que le canal de communication est toujours ouvert.

À la suite de la fusion de Dow et DuPont, l’entreprise donnera naissance à trois sociétés distinctes : le secteur Agriculture (19 milliards USD de ventes), le secteur Science des matériaux (51 milliards USD) et le secteur Produits spécialisés (13 milliards USD).

À l’échelle mondiale, l’unité Agriculture contrôlera 41% du marché des semences de maïs, 38% du marché des semences de soya et 17% du marché des produits de protection des récoltes.

Avec de telles parts de marché et les consolidations à venir dans le secteur, le prix des intrants pour les producteurs de maïs et de soya ne fera qu’augmenter. Ces augmentations de coûts de production se refléteront sur le prix des grains principaux intrants et coûts dans la production animale.

En plus de la hausse des coûts pour les producteurs de grains, plusieurs pensent que le marché du grain a atteint un plancher et que les prix vont nécessairement augmenter, principalement en raison de la croissance de la population mondiale et de la demande accrue en découlant.

Pour les producteurs de porcs et de volailles, cela signifie qu’ils doivent se préparer à faire face à des hausses de prix. La meilleure façon de le faire est de se doter de systèmes d’informations permettant l’analyse et le contrôle de l’ensemble des coûts de production.

À cet égard, par le biais d’une de ses divisions, le géant Alphabet inc. (anciennement Google) a investi dans des entreprises liées au domaine agroalimentaire, telle Blue RiverTechnology, de Sunnyvale, en Californie. Blue River a développé un robot permettant l’analyse individuelle des plants et l’application, au besoin, de fertilisants et de pesticides.

L’intérêt de ces grands joueurs de l’information dans l’agriculture démontre le stade précoce des technologies dans ce secteur et des opportunités qui s’y trouvent. La guerre de l’information dans le secteur agricole est donc bien enclenchée et si le passé est garant de l’avenir, la transformation risque d’être rapide.

Ceux qui ne sauront s’adapter à ce changement disparaîtront tout comme les nombreux détaillants qui, ces dernières années, n’ont pas su tirer profit des ventes en ligne.

Pierre

Pierre

Journaliste principal

Père fondateur d’Élevage et Cultures, Pierre a donné à la revue sa touche d’humour qui nous plaît tant. Vous pouvez retrouver tous ses articles traitant des actualités technologiques et scientifiques agricoles dans la Rubrique de Pierre.

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