La cote du transformé

15 mai 2017 | Affaires, Alimentation

Dans l’univers des grands producteurs de protéines, la tendance est à l’accroissement de l’offre de produits à valeur rajoutée. La raison est simple. Contrairement aux activités de production animale et de viande fraîche, les produits transformés sont perçus comme étant moins vulnérables aux fluctuations cycliques du marché. Pas étonnant alors qu’à un mois d’intervalle, la Brésilienne JBS et Tyson Foods Inc. aient respectivement annoncé l’achat de Plumrose USA (230 $ millions É.U.) et de AdvancePierre Foods Holdings Inc. (4,2$ milliards É.U.)

Cette stratégie à pour double objectif d’assurer une demande pour leur production de viande et d’augmenter la valorisation de leur entreprise. En effet, le marché accorde un multiple plus élevé pour chaque dollar de bénéfice net découlant des ventes de produits transformés, à valeur ajoutée, plutôt que pour ceux provenant de vente de viande fraîche. Cette valorisation plus élevée sert à son tour de monnaie d’échange lors d’acquisition, car les acquisitions types sont structurées avec une contrepartie en actions de l’acquéreur.

Plumrose établi en 1932 est un producteur de bacon, jambon, charcuteries et viandes pour les grillades vendues sous sa propre marque et en marque privée. L’acquisition comprend cinq usines et deux centres de distribution. Les ventes de Plumrose s’élèvent à 500 $ millions É.U. et l’entreprise compte 1 200 employés.

AdvancePierre, basée à Cincinnati (Ohio), a un chiffre d’affaires de 1,6$ milliard É.U. et compte 4 500 employés. La compagnie offre des produits préparés à base de protéines pour tous les repas de la journée. Pour Tyson il s’agit de la poursuite de sa stratégie amorcée en 2014 avec l’acquisition de Hillshire Brands Co. pour 7,7$ milliards É.U. Elle aussi offre des produits transformés à base de viande sous sa propre marque.

La prochaine étape pour JBS et Tyson sera de démontrer que leurs produits préparés le sont à partir d’ingrédients simples et exempts d’antibiotiques dits nocifs pour les humains. Pour ce faire, des investissements dans les technologies permettant un meilleur contrôle des environnements de production et une traçabilité seront nécessaires.

Pierre

Pierre

Journaliste principal

Père fondateur d’Élevage et Cultures, Pierre a donné à la revue sa touche d’humour qui nous plaît tant. Vous pouvez retrouver tous ses articles traitant des actualités technologiques et scientifiques agricoles dans la Rubrique de Pierre.

Vous aimeriez aussi..
La chair sans âme

La chair sans âme

Selon certains chercheurs, délaisser la viande de boucherie pour un substitut à base de plantes pourrait menacer plus d’un million d’emplois dans l’industrie. Mais il y a plus. S’il est vrai que les cellules souches d’une seule vache pourraient remplacer les...

La viande, un peu, beaucoup, pas du tout

La viande, un peu, beaucoup, pas du tout

Alors que le bétail représente aujourd’hui 14,5 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre, les Nations Unies prévoient que l'humanité mangera 14 % plus de viande d’ici 2030. Cela voudrait dire plus de demande de pâturages et de cultures fourragères, plus de...

Restaurateurs et agriculteurs – David Ollu et Alexandre Ouellette

Restaurateurs et agriculteurs – David Ollu et Alexandre Ouellette

https://youtu.be/RYR52WMdCZQ https://open.spotify.com/episode/27cgGuvivItaoPkRz8G9il?si=51b41960bd464331 Depuis quelques années, les restaurants, qu’ils soient petits ou grands, cherchent à inclure de plus en plus d’aliments du Québec dans leurs menus. Pour soutenir...

Dernières publications

Loading
Visiter notre boutique
Suivez-nous

Facebook

Twitter

Instagram

Linkedin

Youtube

Contactez-nous
Kit média

Consultez notre Kit Média pour retrouver toutes les informations relatives à notre audience et nos offres de placement publicitaire.

PUBLICITÉ
Prochain événement
Soutenez le projet Élevage et Cultures en faisant un don

Si t'es dans l'champ, abonne-toi à notre infolettre!

Vous êtes bien inscrit(e)!

Pin It on Pinterest

Share This