Verratnu, le cochon sacré

15 décembre 2016 | Élevage, Porcin, Sciences

Avec 1,25 milliard de bouches à nourrir, l’Inde est confrontée à d’énormes défis. Pour conjurer la faim et la malnutrition, le gouvernement a, entre autres, misé sur les techniques d’insémination artificielle du porc. Une petite poussée en ce sens, se dit-on, ne nuirait pas à cette bête dont le haut indice de matières grasses et la faible teneur en eau procure une meilleure valeur énergétique que celle d’autres viandes. De plus, à l’exception du poulet de chair, il est le champion du gain de poids par rapport à la quantité de nourriture ingurgitée.

D’autres raisons ont incité le Centre national de recherche sur le porc (NRCP) de mettre l’accent sur l’amélioration génétique des porcs. D’une part, ces omnivores sont très prolifiques avec un intervalle de génération plus court. Une truie peut être fertile dès l’âge de 8 à 9 mois et donner deux portées de 6 à 12 porcelets deux fois par année.

Le centre de recherche cherche aussi à pallier le manque de verrats exempts de maladies pour féconder les femelles, ainsi que d’autres obstacles comme le coût élevé de l’élevage des porcs mâles, le manque de savoir-faire technique pour détecter les périodes de chaleur et l’insémination. Pour ne rien arranger, la petite taille des animaux de race indigène connaissent une croissance lente, produisent des portées plus petites et de moindre qualité. Ce sont autant de problèmes qui ont été la cause d’une baisse de la population de porcs de 7,5 pour cent entre 2007 et 2012.

Grâce à l’insémination artificielle, le clonage moléculaire et le transfert des gènes, la manipulation génétique, le traitement chimique et biologique des aliments pour animaux, ainsi qu’à l’importation de porcs exotiques, l’équipe du NRCP compte bien changer la donne. Pour mettre toutes les chances de son côté, le centre de recherche a mis au point un prolongateur unique, grâce auquel la semence de haute qualité peut être conservée à l’état liquide jusqu’à 7-8 jours sans perdre la capacité de féconder des spermatozoïdes.

Celui que l’on pourra peut-être baptiser Verratnu rejoindra-t-il bientôt le panthéon des innombrables dieux indiens ? En attendant, amenez-en des côtelettes !

Source: The Pig Site

Pierre

Pierre

Journaliste principal

Père fondateur d’Élevage et Cultures, Pierre a donné à la revue sa touche d’humour qui nous plaît tant. Vous pouvez retrouver tous ses articles traitant des actualités technologiques et scientifiques agricoles dans la Rubrique de Pierre.

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