Yves Gagnon

4 août 2017 | Personnalité du mois

elevage_cultures_Yves Gagnon.jpg

Le fermier de famille

À 63 ans, pas moins de 38 ans après avoir fondé Les Jardins du Grand-Portage à Saint-Didace, dans le piémont lanaudois, Yves Gagnon s’est vu décerner le Prix Henry-Teuscher. L’évènement qui s’est tenu en mai dernier dans le cadre du 20e Rendez-vous horticole du Jardin botanique de Montréal couronnait l’immense travail de sensibilisation et d’éducation de ce passionné d’horticulture écologique.

Pour cet autodidacte qui a appris sur le tas de compost, comme il le dit en rigolant, ce prix est un baume pour l’âme en ces temps où la carpe asiatique remonte le fleuve et où les États-Unis se retirent de l’Accord de Paris. Changer les mentalités et lutter contre les Monsanto, Nestlé, Tim Horton et Starbuck de ce monde, Yves Gagnon le reconnaît, n’est pas chose facile. Mais fort de ses 11 livres sur l’horticulture bio et la santé par une alimentation saine, les très nombreuses conférences et formations qu’il donne depuis des décennies, il sent bien que sa passion est de plus en plus contagieuse.

Une passion qui remonte à loin. Élevé à Laval-sur-le-Lac, la municipalité fondée par son grand-père Gagnon, Yves a grandi dans le jardin qui entourait la maison familiale et a toujours été en contact intime avec la nature sauvage. Tant et si bien que son penchant pour l’alimentation l’amènera à entreprendre des études en hôtellerie. Très déçu par les matières premières avec lesquelles il devait travailler en cuisine, il part travailler sur des fermes en Colombie-Britannique. C’est là qu’il a vraiment pris conscience de la grande dépendance de la production alimentaire vis-à-vis des produits chimiques.

De retour au Québec en 1980, il achète une ferme à Saint-Didace où il se lance, avec sa conjointe Diane Mackay, dans la production de semences. Leur jardin, grand comme presque deux terrains de football américain, sera un véritable laboratoire, un potager biologique modèle où la table champêtre et les initiations aux techniques de culture biologique seront à l’honneur. Seuls les poisons chimiques et les pratiques qui dégradent les sols, les cours d’eau et la biodiversité sont interdits de séjour sur le domaine.

«Il y a 30 ans, les fermiers de famille n’existaient pas, mais aujourd’hui, tout le monde au Québec peut avoir accès à la formule des fermiers-paniers. Non seulement c’est plus facile à trouver qu’un médecin de famille, mais ça permet d’en avoir moins besoin. Les fruits et les légumes bio, c’est dur à battre !»

Yves Gagnon déplore encore le manque de volonté des gouvernements. Selon lui, ces derniers sont encore trop influencés par les lobbies des compagnies agrochimiques qui pensent au profit plutôt qu’à la qualité des aliments et à l’environnement. Il estime que de plus en plus d’agriculteurs sont prêts à opter pour le virage écologique, mais qu’ils auraient besoin d’un coup de pouce gouvernemental pour franchir les premières années de cette transition. Il le réclame au nom du bon sens et des générations futures. Entre temps, sa fille Catherine plante sa propre graine en offrant des semences patrimoniales biologiques de pollinisation libre.

Une relève porteuse d’espoir.

Découvrez aussi..
Dominic Lamontagne

Dominic Lamontagne

Le dernier rempart Avec sa crinière de laine d’acier tenue en bride par une queue de cheval ramassée en chignon, Dominic Lamontagne a l’allure d’un percheron qui rue dans les brancards. Pas du genre à mettre la charrue devant les bœufs, ce fermier autodidacte...

Bryan Denis

Bryan Denis

L'éleveur qui ne vache pas Le mieux est l’ennemi du bien. S’il y en a un qui ne s’est jamais laissé convaincre par ce proverbe du XVIIIe siècle, c’est bien Bryan Denis. Sa famille, enracinée depuis cinq générations sur le chemin Taché Ouest de Saint-Cyprien, n’a...

Caroline Dufour-L’Arrivée

Caroline Dufour-L’Arrivée

Crédit photo: L'Ordre des agronomes du Québec La Dame en vert Quand on nait à Grand-Métis sur la terre du plus gros producteur d’œufs du bas Saint-Laurent et que chaque été de son enfance l’on visite les Jardins de Métis et rend hommage à l’emblématique pavot bleu de...

Nicolas Paquin et David Dupaul-Chicoine

Nicolas Paquin et David Dupaul-Chicoine

Pêcheurs en basse terre Au Marché central, à deux encablures du cinéma Guzzo qui tient lieu de phare, deux jeunes marins d’eau douce ont doublé le cap de Best Buy et longé le Canadian Tire avant de jeter l’ancre devant les Fermes Lufas. C’est dans le sous-sol d’un...

Dernières publications

Loading
Visiter notre boutique
Suivez-nous

Facebook

Twitter

Instagram

Linkedin

Youtube

Contactez-nous
Kit média

Consultez notre Kit Média pour retrouver toutes les informations relatives à notre audience et nos offres de placement publicitaire.

PUBLICITÉ
Prochain événement
Soutenez le projet Élevage et Cultures en faisant un don

Si t'es dans l'champ, abonne-toi à notre infolettre!

Vous êtes bien inscrit(e)!

Pin It on Pinterest

Share This