René et Cyril St-Pierre

4 novembre 2017 | Personnalité du mois

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Un succès bœuf !

La passion, ça donne facilement envie d’embrasser large. Très large. En 2007, lorsqu’ils ont acheté la ferme bovine de leur père, René et Cyril St-Pierre souhaitaient tout faire. Élever de la femelle de remplacement, produire des taureaux pur sang, pratiquer des croisements de races pour façonner de meilleurs veaux d’embouche et quoi encore! Au diable si le vêlage s’avère le moment le plus stressant pour un éleveur, les deux frères de 41 et 39 ans misaient sur trois périodes de vêlage par an. Il n’y avait rien de trop audacieux pour ces deux gaillards qui avaient fait leurs études au collège d’Alma en Gestion et exploitation d’entreprise agricole. (GEEA) !

En dix ans, la Ferme Dalmas a connu une expansion rapide. Sur 1 200 acres de terre, les frères St-Pierre élèvent désormais 235 vaches, dont une soixantaine de pur-sang charolais et simmental.
Ça roule à plein régime.

L’an dernier, toutefois, René et Cyril ont ressenti le besoin de s’asseoir et de faire le point. Le niveau d’endettement de leur entreprise était un peu plus haut que la moyenne et ils se sont demandés si ça valait le coût de faire tout ça. Ne sachant trop par quel bout commencer pour entre entreprendre une telle réflexion, ils ont consulté des spécialistes en planification stratégique. Ils ne l’ont pas regretté.

«Nous avons dû définir nos valeurs d’entreprise et faire des choix. Le spécialiste nous a aidés à réfléchir et à prendre des décisions en tenant compte de nos désirs, de nos forces et des contraintes qui viennent avec ça. Il nous a challengé, nous a signalé les points où nous nous sous-estimions et nous a poussés à travailler sur nos forces. Un méchant exercice d’amélioration continue qui nous a été très utile.»

Après s’être attelés pendant trois semaines à cette gymnastique de gestion de la production sans gaspillage (la théorie LEAN), nos deux hommes ont fait leurs devoirs et passé au peigne fin toutes les opérations de la ferme afin de trouver des façons de les rendre plus efficaces et de calculer leurs coûts de revient. L’aménagement des lieux de travail, les responsabilités de chacun et le temps passé à chacune des opérations sont évalués. Tout a été pris en compte. Les foins, l’alimentation des animaux, l’entretien, la mécanique, le classement des outils, etc. L’ensemble des données s’est retrouvé sur un tableau de planification annuelle qui trône dans le garage et que tout le monde peut consulter en tout temps pour savoir ce qui a été fait, ce qui devrait l’être et qui devrait y voir.

Au bout de l’exercice, les frères St-Pierre — les premiers dans le domaine agricole à recourir à cette planification stratégique dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean — ont décidé de ne pas investir sur l’agrandissement de leurs installations. Plutôt que d’élever plus de femelles, ils ont choisi de se concentrer sur la production de taureaux et d’aménager une étable pour faire leur semi-finition. Leur étude de gestion leur a permis de réaliser qu’à elle seule, l’augmentation de la période de pâturage leur permettrait d’épargner un bon 15 000$. Elle les a aussi amenés à travailler sur l’image de l’entreprise et à créer une page Facebook en attendant de finaliser un site Internet, car ils savent bien qu’il leur faut ressortir du lot et mettre à l’avant-plan les avantages qu’ils ont par rapport à la concurrence.

René n’est pas peu fier de Casino, un de ses taureaux qu’ils ont vendu à SEMEX et qui trônera dans le catalogue du CIAQ de 2018. On pourrait franchement parler d’un succès… bœuf !

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