Notre-Dame-de-Stanbridge : une journée dans l’empire Benoît Fontaine

31 janvier 2021 | Affaires, Avicole, Chronique de Jeanne, Environnement, Technologies

Faites défiler les photos

Nous avons eu la chance de rencontrer Benoît Fontaine, Président des Producteurs de Poulets du Canada (PPC), et entrepreneur de renom du secteur avicole, sur l’une de ses trois fermes à Notre-Dame-de-Stanbridge.
Je vous propose un petit retour en images sur cette journée instructive et ce parcours inspirant!

Un projet d’envergure

Ancien professeur d’histoire du Canada au secondaire, et le plus jeune directeur de sa commission scolaire, Benoît Fontaine quitte le réseau de l’éducation en 2012 pour se consacrer à l’entreprise familiale aux côtés de son père Marcel et sa mère Lucille. Un projet qui a pris des allures d’empire, car le groupe Benoît Fontaine compte aujourd’hui trois fermes, 11 bâtiments sur trois étages (10 en poulets, 1 en dindons) et une superficie totale couvrant près de 400 000 pieds carrés. Notre-Dame-de-Stanbridge est à lui-seul le plus grand poulailler autorisé par la Régie du Bâtiment du Québec, avec 50 000 pieds carrés de superficie habitable.

Reprendre le flambeau

L’oiseau n’est pas tombé bien loin du nid, puisque c’est depuis 1970 que la famille Fontaine élève des poulets de chair. À l’époque, le grand-père de Benoît, Charles, démarrait 100 poulets à la fois, un exploit de taille! Aujourd’hui, c’est près d’un demi-million de poulets par cycle dont peut se féliciter Benoît Fontaine, une production massive mais pas moins responsable.

Le poulet vert

À la ferme de Notre-Dame-de-Stanbridge sont prises plusieurs mesures écologiques telles qu’un compost animal qui élimine les transports et les vecteurs de maladies, mais surtout un système d’eau circulaire unique dans l’industrie. Ses 11 puits artésiens reliés en un seul réseau contiennent une eau filtrée, assainie et adoucie biologiquement, une eau dont la qualité ne permet pas aux bactéries de se développer. Grâce à ses solutions naturelles d’anolyte et de catolyte, on désinfecte le poulailler, on lave les vêtements, la vaisselle et les tracteurs. Le tout est produit à partir d’électricité, de sel et d’eau osmosée. Une pratique circulaire, économique et écologique!
Quant au compost animal, celui-ci économise le transport et élimine tous les vecteurs de maladies possibles. Sa valorisation s’effectue ensuite sur les champs environnants des producteurs de grandes cultures.

Et la technologie, dans tout ça?

C’est entre autres grâce aux technologies agricoles que la ferme de Benoît Fontaine est si performante et innovante, étant elle-même équipée d’une gestion automatisée et intelligente. Selon le Président des PPC, «c’est important d’être équipé de technologies et d’avoir des données, surtout avec des grands bâtiments. Ça fait une grande différence à la fin de l’année, à cause de la hausse des coûts et du rétrécissement des marges bénéficiaires des producteurs.»

Il ajoute que les technologies agricoles permettent d’augmenter le bien-être animal, réduit les erreurs humaines, assurent un suivi et rectifient le tir si nécessaire. Elles assurent aussi une meilleure rentabilité et la réduction du coût de la main d’œuvre.

De nombreux défis

Fortement impliqué dans l’UPA depuis 20 ans, Monsieur Fontaine occupe le poste de Délégué du Québec à Ottawa depuis 8 ans, dont 5 ans à la Présidence des Producteurs de Poulets du Canada, faisant de lui le 2e plus jeune président et le 2e plus long mandat à ce jour. Il représente les 2800 producteurs de poulet à travers les 10 provinces, suit de près les négociations de libre-échange avec le Canada, et défend les enjeux récurrents du secteur.
Bien qu’elle soit la protéine animale préférée des Canadiens avec une consommation de 35,1kg par année par personne, le poulet représente d’autres défis de taille. Le rôle du Président est entre autres de veiller à conserver la confiance du consommateur par un contrôle de qualité dans les 10 provinces, et mousser l’image de marque du poulet canadien à l’international.
Une position qui pousse Benoît Fontaine à devoir jongler entre ses responsabilités de chef de file du secteur et ses obligations d’entrepreneur.

La nouvelle génération de l’empire Fontaine

C’est entouré de sa famille, de ses 8 employés et de sa relève qu’il réussit cet exploit.

N’ayant lui-même pas d’enfants, Monsieur Fontaine a d’ailleurs récemment désigné Pascal Monnier comme futur repreneur de l’entreprise par transfert non apparenté. Une grande première dans le secteur avicole au Québec, et un beau geste de confiance intergénérationnel. Après 6 ans dans l’entreprise, le jeune homme de 27 ans possède 1 bâtiment du Groupe sur 11, enregistré sous le nom de sa propre compagnie Volailles Monnier Inc.  Il s’occupe également de la gestion de la ferme lorsque Benoît Fontaine s’absente pour remplir ses obligations de Président.
«Je l’ai recruté sur les médias sociaux. Pascal a été élevé sur une ferme laitière et j’ai vu en lui un fort intérêt pour le secteur avicole et un grand potentiel. C’est un travailleur acharné, disponible et loyal», renchérit monsieur Fontaine à propos de son protégé.

C’est donc sans crainte que nous pouvons affirmer: la relève de l’empire Benoît Fontaine est assurée.

Jeanne

Jeanne

Directrice de l'information

Jeanne écrit chaque mois une chronique d’opinion qui traite de sujets de communication et de marketing en agriculture.

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